L’ONG Négawatt a présenté une étude révélant que réduire la consommation d’énergie de manière drastique couplée à la fermeture des centrales nucléaires permettrait de créer des centaines de milliers d’emplois.

220 000 à 820 000 nouveaux emplois

NégaWatt, l’association d’énergéticiens promoteurs de la sobriété et de l’efficacité énergétique a réalisé une étude portant sur la transition énergétique. Le scénario énergétique 2011-2050 préconise une réduction draconienne de la consommation d’énergie et le déploiement massif des énergies renouvelables après la cessation de l’emploi du nucléaire en 2033. D’après les prévisions des analystes plusieurs emplois en découleraient. En effet, d’ici 2020, 220 000 à 330 000 nouveaux emplois verraient le jour pendant cette transition. En 2030, le dispositif créera quelque 570 000 à 820 000 emplois. De nouveaux emplois apparaîtront dans la rénovation des bâtiments, les transports en commun et les renouvelables d’après l’étude présentée en mars dernier. Toutefois, la destruction d’emplois sera inévitable dans le bâtiment neuf, les transports routiers ainsi que le transport aérien à l’horizon 2020, 2025 comme en 2030.

Le scénario de transition énergétique

La mise en œuvre de ce scénario de transition permettrait de libérer le pouvoir d’achat des consommateurs. Ce scénario s’avère également moins coûteux que le scénario tendanciel. L’étude annonce effectivement une réduction annelle d’au moins 50 milliards d’euros en matière de transfert de richesses des économies de l’Union aux pays producteurs d’énergie. Pour rappel, 400 milliards par an sont consacrés en importation énergétique. Ce cas de figure ne pèsera donc pas sur le budget de l’État et contribuera d’autre part à alléger la dette sociale en raison de sa capacité de créer rapidement des emplois. Le scénario de transition renforcera la sécurité énergétique tout en permettant de réduire d’au moins 20 % la consommation d’énergie.

Projections sur l’emploi à l’horizon 2030

Le scénario de NégaWatt a permis a Philippe Quirion, un économiste de l’environnement chargé de recherche au CNRS-CIRED de calculer le ratio de nombres d’emplois pour chaque secteur d’activité concerné par la transition énergétique. Dans la rénovation, le secteur pourvoyeur d’emploi génèrerait à elle seule 408 000 emplois permanents et qualifiés à l’horizon 2030. Le plan massif de rénovation énergétique quant à lui serait à l’origine de 586 000 emplois. Dans la construction neuve cependant, au moins 404 000 emplois seront détruits en 2030. Dans le secteur du bâtiment, l’emploi connaîtrait un solde net positif de 89 000 emplois en 2020 et 69 000 emplois en 2030. Les transports en commun auront tendance à se développer, mais, comble du pardoxe, le secteur des transports devrait voir le nombre d’emplois baisser de 99 000 en 2020 et de 189 000 en 2030.